[f=#111111]Ambiguë à première vue
C'est un article trouvé dans le blog http:// Wonga.skyblog.com que je trouve très intéressant, un peu long ms il vaut la peine d'être lue...
Je me demande dans quel monde nous vivons aujourd'hui. Je constate tout simplement que certaines personnes ont la mémoire courte mais l'histoire se chargera tôt ou tard de leur rappeler certaines vérités. S'il existe un défaut qui m'horripile par dessus tout, c'est sans nul doute l'hypocrisie dont certains peuvent faire preuve en toutes circonstances. Dans ce domaine, notre partenaire historique, la France mérite largement la palme d'or.
Mieux vaut tard que jamais ! La France a enfin pris la mesure de la gravité de la situation à Anjouan et se propose même d'aider le gouvernement de l'Union dans la résolution de la crise. Notre super ministre des affaires étrangères qui n'a pas saisi l'aspect théâtral de la chose, s'est empressé de se réjouir alors que finalement, les autorités françaises ont d'ores et déjà défini les limites de leur maigre participation. Selon notre ministre, la France se serait engagée à transporter les troupes de l'AND. Jusqu'où ? Jusqu'à MOHELI seulement, a t-on appris. Quelle générosité ! Qui a pu dire aux français que nous avions du mal à acheminer nos troupes à Mwali ?
Ne soyons pas dupes ! Si la France a décidé aujourd'hui de s'impliquer d'ailleurs avec petitesse dans les préparatifs de l'opération, c'est tout simplement parce qu'elle n'a pas eu le choix. La détermination du président SAMBI, l'appui de la population et de la majorité des parties politiques ont fini par la contraindre de sortir enfin, de sa torpeur volontaire. Elle pourra demain, clamer avec le cynisme qui l'a souvent caractérisé, qu'elle n'a jamais épargné ses efforts pour aider à l'instauration rapide de l'état de droit à Ndzouwani. Bravo !
En effet, cette attitude généreuse contraste bien avec les déclarations de son représentant, M. JOB, ambassadeur à Moroni qui affirmait gaiement, le 26/07/07 je cite : « l'agenda de la médiation internationale n'est pas calquée sur l'impatience des comoriens ». Quel cynisme ! Au moment précis où il prononçait ces paroles provocatrices et irresponsables, monsieur l'ambassadeur savait que les arrestations arbitraires, les procès politiques et les humiliations de toute sorte s'intensifient à Anjouan qui se vidait peu à peu de sa population. En sa qualité de professeur es bonne gouvernance, il sait également que la corruption y est érigée en système de gouvernement. Aujourd'hui, on veut nous faire croire que la France est particulièrement préoccupée par ce qui se qui se passe à Ndzouwani. Qui peut encore le croire ?
La France qui respecte pour une fois, la souveraineté des Comores s'interdit de participer directement aux opérations qui pourraient être menées à Ndzouwani. Nous n'avons pas oublié que dans un passé récent et afin de destituer un Président qui était démocratiquement élu (DJOHAR) et l'exiler à la REUNION, cette puissance n'avait pas lésiné sur les moyens. En un temps record, plus de 600 hommes ont été parachutés sur le ciel de Ngazidja. Les unités d'élite de l'armée française, le Groupe d'Intervention de la Gendarmerie Nationale (GIGN), les commandos chargés des Opérations Spéciales (COS) pour ne citer que les plus connues, ont été dépêchées sur place.
Dans le même registre et récemment, la France a accordé au pouvoir tchadien, un soutien «logistique» appréciable qui a permis au président DEBI de sauver son trône. Alors que le ministre français de la défense se perdait en conjecture et déclarait à qui voulait l'entendre que son armée avait juste fourni du renseignement opérationnel aux tchadiens, des informations qui ne souffrent d'aucune contestation prouvent qu'une quantité importantes de munitions avait été gracieusement livrée. Par ailleurs, il semblerait même que des éléments du COS auraient pris part aux combats à Ndjaména. SARKOZY aurait donné sa chemise pour sauver DEBI. Mes chers compatriotes, les Comores ne sont pas malheureusement le Tchad.
Pour commencer, nous ne disposons pas de réserves de pétrole et notre sous-sol n'a jamais rien révélai qui puisse intéresser les entreprises TOTAL ou ELF. Le Tchad qui abrite une base militaire française est un point stratégique d'une importance capitale. Dans le cadre du conflit qui se déroule aujourd'hui au DARFOUR, la France et la communauté internationale ne pouvaient, en aucune manière, admettre l'arrivée à Njaména d'un pouvoir qui leur est hostile. Il fallait donc à tout prix, sauver le soldat DEBI qui sait en retour, se montrer très reconnaissant. C'est cela la Françafrique que M. Sarkozy a promis d'éradiquer. En effet, on ne change pas une équipe qui gagne.
Comme nous pouvons donc le constater, la crise anjouanaise est loin de constituer une préoccupation encore moins une priorité pour la France. Les déclarations de son ambassadeur à Moroni illustre parfaitement cette indifférence. D'ailleurs, le pourrissement de la situation à Anjouan et les conséquences graves qu'il engendre, sont une aubaine puisque la question de Mayotte, se posera dans ces conditions défavorables, avec plus d'acuité. De plus, la légèreté avec laquelle, les autorités de Mayotte ont agi dans le cadre des sanctions décidées par l'union africaine, nous conduits à penser qu'il s'agit là, d'une politique d'ensemble bien orchestrée. La France qui est présente dans notre pays est témoin des exactions commises par le régime illégal de BACAR, de la corruption généralisée et des atteintes graves aux droits des personnes. Elle n'a jamais suggéré la moindre solution sérieuse de sortie de crise. Aujourd'hui, comme par enchantement, le Quai d'Orsay sort de sa coquille et nous fait part de sa grande préoccupation. Pourquoi doit-on prendre ces déclarations au sérieux ? Comme on dit, l'histoire est un éternel recommencement. Pour preuve, alors que la France était bien implantée au ROUANDA où, elle soutenait le président en exercice, ses autorités ont voulu faire admettre à l'opinion, qu'elles n'étaient pas du tout au courant du génocide se préparait et qui a coûté la vie à des milliers d'habitants.
Enfin, si la participation de la France devrait se limiter à l'acheminement de nos troupes à Mohéli, nos autorités doivent avoir le courage politique de lui présenter nos remerciements et lui faire comprendre que dans ces circonstances, nous pouvons nous passer de son aide.
Mes chers concitoyens, ne soyons donc pas malhonnêtes. Si la victoire sur le colonel dictateur doit être acquise au bout des multiples efforts fournis, elle doit revenir uniquement au peuple comorien et à son RAIS. Au peuple comorien qui a été martyrisé et spolié et son président qui, ne l'oublions pas a été humilié par les rebelles et souffert dans sa chair. Un président qui s'est vu interdire des mois durant, le droit d'exercer son pouvoir sur une partie du territoire. Un chef d'état qui s'est vu tout simplement signifier qu'il était persona non grata dans son île natale. J'avoue que je n'aurais pas aimé me trouver à sa place.
Demain, un vibrant hommage doit être rendu à tous les comoriens de l'intérieur qui ont su résister ainsi qu'à leur RAIS qui, malgré les humiliations et trahisons subies, a su relever avec dignité la tête et redonné aux comoriens leur fierté d'être enfin unis.
Quant à la France, notre chère partenaire historique, laissons-la à ses gesticulations.
Pour revenir à la crise elle-même, il y a lieu de souligner qu'alors que nos parents d'Anjouan subissent quotidiennement les assauts du dictateur de BARAKANI, on vient encore une fois, nous parler de négociations de la dernière chance. On nous évoque surtout, une mission d'évaluation et enfin, un délai supplémentaire de 2 mois. Combien de temps ces conciliabules vont-ils durer ? Les comoriens ont le droit de s'impatienter car, ils estiment que la situation se dégrade dangereusement et qu'il y a donc urgence.
Nous ignorons encore les vraies raisons qui retardent la libération de l'île d'Anjouan mais nous exhortons les autorités à tout mettre en oeuvre afin que les habitants de cette île recouvrent rapidement, la liberté, la dignité et l'espoir d'une vie meilleure.
Cette décision revient aujourd'hui à une seule personne. Le président de l'Union qui est le garant de l'unité de la nation et chef des forces armées. Nous n'avons pas oublié sa promesse.
NARIKE HACHIRI
A PARIS, le 23/02/2008 T. AHMED /BIMBINI/ ANJOUAN
Qu'avez vs penser de le réaction de la France par rapport à ce qu'il se passe là-bas?